Christian Blachas, l’interview BaDoumBa
(EDIT du 6 février 2012)
Christian Blachas s’est éteint hier à l’âge de 65 ans. Toujours trop tôt. Ce formidable journaliste avait réussi à faire entrer la publicité dans les foyers autrement qu’en guise de pause-pipi au milieu d’un film. Il avait fait de la pub un sacerdoce, il avait créé les magazines Stratégies et CBNews, les deux principaux organes de presse sur le thème de la communication, et les téléspectateurs le connaissaient sous deux facettes : le pubard, bien qu’il ne fût jamais créa, et le rockeur, via Culture Rock. Et d’autres le connaissaient comme un authentique fan du PSG. Mais il était avant tout un grand journaliste, et celui qui m’a donné envie de devenir publicitaire (même si ce désir est encore d’actualité). Amoureux des marques, il était également l’un des tout premiers lecteurs assidus et fans d’ActuLogo, à qui il avait accordé une petite interview que vous retrouvez ci-dessous.
Une grosse pensée à sa famille, celle du sang mais aussi celle de CBNews.
Merci Christian d’avoir démontré à la ménagère de moins de 50 ans que la com’ et la pub, c’est aussi avant tout un art.
(Fin de l’édit.)
BaDoumBa… Ce cri de ralliement de toute une génération de publivores dont je fais partie (4 Nuits au Grand Rex 4 années d’affilée…) est presque devenu une marque à lui seul. Une marque pour l’émission télévisée Culture Pub et pour son créateur Christian Blachas, qui est avant tout un des grands experts de la communication dans l’hexagone.
En spécialiste de la com, fan Facebook et follower Twitter de la première heure d’ActuLogo, le créateur des magazines Stratégies et CBNews a accepté de répondre à nos questions.
ActuLogo : Stratégies fête son 40ème anniversaire, CBNews renaît de ses cendres, Culture Pub enregistre ses meilleures audiences sur NT1 et sur Internet, bref, c’est une année pleine de bonnes choses pour vous, vous vous sentez comment ?
Christian Blachas : Toujours autant d’énergie. Mais déçu par la qualité de la pub française en ce moment. Il y a un manque d’originalité, un manque de prise de risques. Mais je suis enthousiaste en observant la révolution profonde de la communication et des medias à laquelle on assiste en ce moment. Et puis, il y a les bons résultats du Paris-St-Germain…
AL : En tant qu’éminent spécialiste de la communication, le logo représente quoi pour vous aujourd’hui ?
C.B. : Le logo, c’est l’ADN de la marque (encore que j’en ai assez de l’utilisation excessive de cette expression). C’est donc son histoire, sa culture. Souvent sa raison d’être. C’est la raison pour laquelle je ne suis pas un fanatique du changement de logo ou de sa soit disante modernisation. Coca-Cola, La Vache Qui Rit ont-elles changé de logo depuis un siècle ?
Une modification du logo ne se justifie que s’il y a un changement profond de la stratégie de la marque ou une modification de sa raison sociale . Si c’est pour épouser absolument la modernité ou bien pour faire plus « djeune », c’est plus contestable à mes yeux. On ne rend pas assez compte à quel point un logo, comme un slogan ou un jingle musical, reste dans la mémoire collective. Toucher à ce capital qu’est un logo est une démarche à risque. En revanche, un léger lifting qui va dépoussiérer un peu est acceptable (voir Renault, Air France…)
AL. : Un logo reste un outil majeur de communication d’une marque, pourtant comment expliquez-vous qu’il soit si peu abordé dans la presse professionnelle (CBNews, Stratégies et consors) ?
C.B. : Les entreprises n’ont pas tellement envie de donner des explications sur un changement de logo. Souvent parce que les raisons sont inavouables (nouveau management qui veut imprimer sa pâte, nouvelle agence de com) et aussi parce qu’elle ne veulent jamais indiquer le prix d’un nouveau logo…
AL : Pour vous, le meilleur logo qui ait jamais existé, c’est lequel ?
C.B. : Incontestablement Nike. Pas un mot. Juste une virgule. Immédiatement reconnaissable aux quatre coins du monde.
AL : Qui a choisi les logos à détourner du cultissime générique de Culture Pub ? Qui en a eu l’idée ?
C.B. : M6 et nous. Il a fallu plus de six mois pour convaincre l’ensemble des marques de nous donner leur accord. (NDLR : le générique original de l’émission en 1990 durait 24 secondes, comportait pas moins de 40 logos, dont 38 détournés – M6 et CBNews restant normaux – et avait été réalisé je crois par l’agence Gedeon.)
AL : Enfin, d’après vous, quel est l’avenir du logo dans la communication ?
C.B. : Une marque n’existe pas sans logo. Toutes les nouvelles marques apparues depuis dix ans, notamment dans l’univers des nouvelles technologies, on un logo parfaitement identifiable. Même Google a besoin d’un logo. Tant qu’on créera des marques, on créera des logos.
















Ça fait super plaisir de lire Christian Blachas ici ! Une telle constance dans l’enthousiasme et la passion, ça force le respect. En quelques mots, tout est dit (ou presque) sur la raison d’être d’un logo. Si seulement les clients pouvaient penser pareil…
Merci pour cette interview
Badoumba ! Un grand monsieur ce Blachas !
Merci aussi d’ici, ça fait plaisir de lire des interviews ici.
j’ai rencontré Mr Blachas, suite à un concours de la Barklay bank et culture pub autour de l’arrivée de l’EURO, en 1999. Grand souvenir, suite à notre rencontre, Mr Blachas nous a dit : « Vous devriez travailler dans la com’, vous avez du talent », il est juste énorme, bravo Aurel pour l’ITW. Mr Blachas, si vous lisez ce comment’, faites un tour sur http://www.lgetg.fr vers le 10 oct. (site de l’agence Le Goff & Gabarra remis à jour) Bravo Aurel !!
Accord parfait avec Monsieur Blachas, avec qui je partage entièrement le point de vue sur la mode de changement de logo, qui donne lieu à tant d’explications vaseuses et contradictoires. Mais qu’il est difficile de le faire comprendre au client… qui bien souvent choisira une agence qui lui propose de dépenser plus pour… gagner plus (l’agence).
Si ça intéresse certains d’entre vous aller jeter un œil sur mon billet dans notre blog :
http://sevcommunication.com/Communication-durable
RIP Monsieur Blachas.